Vous facturez 600 euros par jour, vous travaillez seul, et personne ne vous a dit si une mutuelle était nécessaire. Normal : en indépendant, personne ne vous y oblige. Cette liberté se paie, en cotisations d'un côté, en protection manquante de l'autre. Voici comment fonctionne une mutuelle freelance, ce que le choix coûte vraiment, et ce que le portage salarial change au calcul.
Non, une mutuelle indépendant n'est pas obligatoire : le service-public la classe, pour un micro-entrepreneur, parmi les assurances facultatives. Elle reste à 100 % à votre charge, alors qu'en portage salarial la complémentaire santé est collective, obligatoire et financée au moins à moitié par l'employeur.
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Mutuelle indépendant : obligatoire ou non ?
Aucun texte ne vous impose de souscrire une complémentaire santé quand vous exercez en libéral, en micro-entreprise ou en entreprise individuelle. Le service-public liste l'assurance complémentaire santé du micro-entrepreneur dans les assurances facultatives, tout en recommandant de s'assurer. Vous restez couvert par l'Assurance maladie, mais seulement sur la base de remboursement de la Sécurité sociale.
Pour un consultant, la question se pose dès la première facture : le premier arrêt maladie ou la première couronne dentaire arrive rarement au bon moment. Le reste à charge, lui, vous revient. Lunettes, dentiste, hospitalisation en chambre seule : un consultant sans complémentaire paie la différence de sa poche. Beaucoup découvrent le trou le jour où ils en ont besoin, pas avant.
Mutuelle TNS et contrat Madelin : ce qui a changé en 2020
Un TNS, c'est un travailleur non salarié : artisan, commerçant, profession libérale. La mutuelle TNS s'est longtemps souscrite via un contrat Madelin, dont les cotisations se déduisaient du bénéfice imposable. Depuis le 1er octobre 2020, ces contrats ne sont plus commercialisés, précise impots.gouv.fr.
Les contrats déjà signés continuent de donner droit à la déduction fiscale. Si vous cherchez aujourd'hui une mutuelle travailleur indépendant, vous souscrirez donc un contrat classique, sans avantage Madelin pour un nouveau contrat. Vérifiez ce point avec votre comptable avant de promettre une économie d'impôt à votre budget.
Ce que l'Assurance maladie verse quand vous êtes arrêté
La complémentaire rembourse les soins, mais elle ne remplace pas votre chiffre d'affaires pendant un arrêt. C'est l'Assurance maladie qui verse des indemnités journalières, à condition d'être affilié depuis au moins 12 mois, et seulement après un délai de carence de 3 jours, selon la fiche du service-public sur la protection sociale de l'entrepreneur individuel.
Pour un artisan ou un commerçant, l'indemnité est de 1/730 du revenu annuel, avec un maximum de 65,84 euros par jour. Pour un professionnel libéral, le plafond monte à 197,50 euros par jour, sur 90 jours au maximum. Au mieux, c'est un tiers d'un TJM de 600 euros. Au-delà de 90 jours d'arrêt, l'indemnité d'un libéral s'arrête, selon cette même fiche. Une prévoyance individuelle comble l'écart, mais elle se souscrit à part, avec sa propre cotisation, et elle mérite autant de comparaison que la mutuelle elle-même.
Combien coûte une mutuelle pour indépendant, et que change le portage ?
Une mutuelle indépendant se souscrit à titre individuel, au tarif que l'assureur fixe selon votre âge, vos garanties et votre région. Il n'existe pas de grille unique, alors travaillons sur une hypothèse. Prenons l'exemple d'un consultant à 600 euros par jour, 15 jours facturés par mois, soit 9 000 euros de chiffre d'affaires mensuel et 108 000 euros par an.
Supposons une complémentaire à 90 euros par mois (une hypothèse de calcul, pas un tarif du marché) : 1 080 euros par an, soit 1 % de son chiffre d'affaires. En portage, la mutuelle collective obligatoire est financée par le compte de gestion du consultant, mais le poste qui pèse vraiment est ailleurs : les frais de gestion.
| Critère | Indépendant (EI, micro, libéral) | Consultant porté |
|---|---|---|
| Mutuelle | Facultative | Collective, obligatoire (CCN IDCC 3219) |
| Part de l'employeur | Aucune | 50 % minimum de la cotisation |
| Financement réel | Vous, 100 % | Compte de gestion, donc votre chiffre d'affaires |
| Indemnités maladie | Assurance maladie, après 12 mois et 3 jours de carence | Régime général de salarié, prévoyance collective |
| Poste de coût principal | La cotisation de mutuelle | Les frais de gestion, de 5 % pour la médiane |
Sur 9 000 euros de chiffre d'affaires, un taux de 5 % représente 450 euros par mois, soit 5 400 euros par an. La mutuelle se compare à ce montant, pas seulement à une cotisation de 90 euros. La règle des 50 % pour l'employeur figure dans la fiche du service-public sur la complémentaire santé obligatoire. Le détail du financement en portage est décortiqué dans notre guide de la mutuelle en portage salarial.
Et pour vous, consultant, qu'est-ce que ça change ?
Le vrai choix ne se joue pas entre deux offres de mutuelle indépendant, mais entre deux statuts. Choisir un contrat de mutuelle individuel, c'est rester indépendant avec une protection à construire soi-même. Choisir le portage, c'est accepter des frais de gestion en échange d'une couverture de salarié : mutuelle, prévoyance, assurance chômage, retraite.
Voici les frais que nous relevons dans la base VEGA, extraite le 30 octobre 2026 sur 448 sociétés de portage, dont 214 affichent un taux : le taux minimum médian est de 5 %, 46 sociétés démarrent à 4 % ou moins, et 60 à 7 % ou plus. Sur 9 000 euros de chiffre d'affaires, l'écart entre 4 % et 7 % pèse 270 euros par mois. Ce différentiel dépasse à lui seul la cotisation de mutuelle de notre exemple.
La comparaison reste à faire sur vos chiffres. Un freelance bien assuré en individuel peut s'en sortir à moindre coût, un consultant qui enchaîne les missions et veut une couverture complète y gagne souvent en sérénité. Pour poser les deux statuts côte à côte, lisez portage salarial ou freelance, puis regardez ce que devient un arrêt côté salarié porté dans l'arrêt maladie en portage salarial.
Comment choisir sa mutuelle freelance sans se faire piéger
Une bonne mutuelle indépendant se juge sur vos dépenses réelles, pas sur la brochure. Dressez la liste de vos postes habituels (optique, dentaire, soins courants), demandez le tableau de garanties complet, et comparez les remboursements poste par poste. Le prix le plus bas peut cacher un plafond dentaire ou optique qui ne couvre rien.
Trois points méritent un contrôle systématique. D'abord les délais de carence éventuels du contrat sur le dentaire et l'optique. Ensuite la prévoyance, qui conditionne votre revenu en cas d'arrêt long, bien plus que la mutuelle. Enfin les conditions de résiliation, à lire avant de signer.
Si la comparaison penche vers le salariat porté, ne choisissez pas la société au hasard. Les frais, les garanties et les services varient beaucoup d'une structure à l'autre. Comparez-les sur le comparateur de sociétés de portage VEGA, puis chiffrez votre net sur VEGA Portage avant de signer quoi que ce soit. Pour voir ce qui reste dans votre poche, notre guide du salaire net en portage salarial détaille chaque ligne.



