Portage salarial · Protection sociale

Arrêt maladie en portage salarial : vos droits en 2026

IJSS, subrogation, prévoyance... Ce que touche réellement un consultant porté en arrêt maladie, et pourquoi le choix de votre société de portage détermine en grande partie votre niveau de couverture.

Publié le 22 juin 20268 min de lecturePar admin
Illustration : Arrêt maladie en portage salarial : vos droits en 2026

Tomber malade quand on travaille en portage salarial pose une question très concrète : qui va payer, et combien ? Le portage vous confère bien le statut de salarié, avec tout ce que ça implique en matière de protection sociale. Mais votre rémunération est indexée sur vos missions. Quand elles s'interrompent, le calcul n'est pas le même que pour un salarié classique avec un salaire mensuel fixe.

En portage salarial, un arrêt maladie ouvre droit aux indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) si vous avez cotisé au moins 150 heures dans les trois derniers mois. Vous touchez alors 50 % de votre salaire journalier brut de référence, après un délai de carence de trois jours.

IJSS en portage salarial : combien touchez-vous concrètement ?

Les indemnités journalières sont calculées sur la base de votre salaire des trois mois précédant l'arrêt. La CPAM retient 50 % du salaire journalier brut de référence (SJR), plafonné à 1/730e de trois fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. En 2026, le PASS s'établit à 47 100 €, ce qui plafonne l'IJSS à environ 96,50 € par jour.

Pour toucher ces indemnités, deux conditions d'ouverture des droits s'appliquent :

  • Arrêt de moins de 6 mois : avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois civils précédents, ou justifier d'une rémunération au moins égale à 1 015 fois le SMIC horaire sur les 6 derniers mois.
  • Arrêt de plus de 6 mois : des conditions de cotisation plus longues s'appliquent. Mieux vaut les vérifier sur ameli.fr ou auprès de votre CPAM avant que l'hypothèse ne devienne réalité.

Pourquoi votre activité des derniers mois compte beaucoup

En portage, votre salaire varie selon votre facturation. Un mois sans mission, c'est un mois avec des cotisations maladie réduites, voire nulles. Si vous avez traversé une période creuse juste avant votre arrêt, votre SJR s'en ressentira directement. Et si vous n'atteignez pas le seuil des 150 heures, la CPAM peut refuser l'indemnisation.

Pour un consultant qui facture régulièrement 15 à 18 jours par mois, la condition est largement remplie. Pour quelqu'un qui démarre ou dont l'activité est cyclique, la question mérite d'être vérifiée. Vous pouvez simuler l'impact de votre niveau d'activité sur votre rémunération nette via le simulateur VEGA, ce qui donne aussi une idée de votre salaire brut de référence moyen.

Le délai de carence et ce que la subrogation change

Les trois premiers jours d'arrêt sont, en règle générale, à votre charge. La Sécurité sociale ne verse rien pendant ce délai de carence. Une exception existe : si votre arrêt est lié à une affection longue durée (ALD), à un accident du travail ou à une maternité, le délai tombe à zéro.

C'est là qu'intervient la subrogation. Certaines sociétés de portage avancent le montant des IJSS directement sur votre compte, puis se font rembourser par la CPAM. Pour vous, le versement est immédiat, sans attendre les deux à trois semaines habituelles de traitement. D'autres sociétés ne pratiquent pas la subrogation, ce qui peut créer une tension de trésorerie notable si l'arrêt dure plusieurs semaines.

Ce n'est pas un détail. C'est un point à demander explicitement avant de choisir votre société de portage, au même titre que les conditions contractuelles ou les délais de virement de salaire.

Ce que la convention collective IDCC 3219 prévoit pour vous

La convention collective du portage salarial (IDCC 3219) impose aux sociétés de portage la mise en place d'un régime de prévoyance collective. Ce régime couvre au minimum l'incapacité temporaire de travail, l'invalidité et le décès.

En cas d'arrêt maladie, la prévoyance collective vient compléter les IJSS de la CPAM. La plupart des contrats visent un maintien de revenu total compris entre 70 % et 80 % du salaire brut de référence, et certains couvrent les trois jours de carence. Les niveaux précis varient selon le contrat souscrit par votre société de portage.

Il y a une nuance importante : votre salaire brut de référence pour la prévoyance est calculé sur les salaires effectivement versés avant l'arrêt. Si votre activité était faible les mois précédents, la base de calcul s'en trouve réduite, exactement comme pour les IJSS.

CouvertureBaseCarencePlafond indicatif 2026
IJSS CPAM50 % du SJR3 jours (0 pour ALD/AT)96,50 €/jour
Prévoyance collective (incapacité)Complément IJSSVariable selon contrat70 à 80 % du salaire brut
SubrogationAvance IJSSSans délai si pratiquéeMontant IJSS total

Simulation : l'arrêt maladie d'une consultante à 450 € TJM

Prenons le cas de Sofia, consultante RH en CDI de portage. Son TJM est de 450 €, elle facture en moyenne 18 jours par mois, soit environ 3 600 € brut mensuel. Sa société pratique la subrogation et dispose d'un contrat de prévoyance visant 75 % du salaire brut.

Son salaire journalier de référence (SJR) pour la CPAM : 3 600 € x 3 / 91 = 118,68 €. Ses IJSS : 50 % = 59,34 €/jour.

SituationMontant quotidienSource
J1 à J3 (carence CPAM)0 € (ou couvert si prévoyance l'inclut)CPAM + prévoyance
J4 et suivants, IJSS seules59,34 €/jourCPAM
J4 et suivants, avec prévoyance à 75 %~89 €/jour (59 + ~30)CPAM + prévoyance
Mensuel estimé (30 jours complets)1 780 € à 2 670 €Selon couverture

En dehors de l'arrêt maladie, Sofia perçoit entre 2 200 et 2 500 € nets par mois. L'écart est conséquent. La prévoyance atténue la chute, mais ne la supprime pas. C'est précisément pour ça que la comparaison des contrats de prévoyance devrait figurer parmi vos critères de choix, au même titre que le taux de frais ou la qualité du suivi administratif.

Les démarches à effectuer dans les 48 heures

Un arrêt maladie en portage salarial suit le même circuit qu'un arrêt classique, avec une étape supplémentaire liée à la structure tripartite du portage.

1. Votre médecin établit l'avis d'arrêt de travail (par messagerie sécurisée de santé ou sur ordonnance sécurisée).

2. Vous envoyez le volet 1 à votre CPAM et les volets 2 et 3 à votre société de portage, dans les 48 heures suivant la prescription.

3. La société déclare l'arrêt auprès de la CPAM. Si elle pratique la subrogation, elle perçoit les IJSS à votre place et vous les reverse sur votre salaire.

4. Si une mission est en cours, prévenez votre client. La société de portage gèrera la suspension ou la résiliation selon les termes du contrat commercial.

Le délai de 48 heures est strict. Un envoi tardif peut entraîner une réduction des IJSS par la CPAM. Par courrier recommandé, c'est la date d'envoi qui fait foi.

CDD ou CDI de portage : une différence sur la continuité du contrat

Les droits aux IJSS sont identiques en CDD et en CDI de portage. Le statut de salarié s'applique dans les deux cas.

La différence se joue davantage sur la continuité du contrat. En CDI, votre contrat n'est pas interrompu pendant l'arrêt. En CDD, si le contrat arrive à terme pendant votre arrêt maladie, il peut prendre fin sans que la maladie ne le prolonge automatiquement. C'est un point à anticiper, surtout pour les missions courtes.

Au-delà de l'arrêt maladie, le portage salarial vous offre aussi une protection en cas de période sans mission, notamment via l'accès aux allocations chômage. Notre guide sur le portage salarial et le chômage détaille les conditions d'accès à l'ARE et les situations dans lesquelles vous pouvez cumuler revenus de mission et allocations.

Choisir sa société de portage, c'est aussi choisir un niveau de couverture

La prévoyance collective est certes obligatoire selon l'IDCC 3219, mais les niveaux varient d'une société à l'autre : taux de maintien en incapacité, prise en charge de la carence, délai de franchise. Ces différences ne sont pas toujours lisibles dans les brochures commerciales.

Les frais de gestion prélevés sur votre chiffre d'affaires, généralement entre 5 et 12 %, financent entre autres ce régime de prévoyance collective. Un taux bas peut parfois s'accompagner d'une couverture plus légère. Pas toujours, mais assez souvent pour que la question mérite d'être posée avant de signer.

Trois points à demander à votre société de portage : le nom de l'organisme de prévoyance, le taux de couverture en incapacité de travail, et si la subrogation est pratiquée. Ces trois éléments permettent de comparer les offres de façon concrète.

Si vous êtes encore en train d'évaluer les avantages du portage face à un statut freelance classique, notamment sur la question de la protection sociale, notre comparatif portage salarial ou freelance chiffre les différences entre les deux statuts sur ce point précis.

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La réalité de l'arrêt maladie en portage tient à trois variables : votre niveau d'activité des derniers mois, le contrat de prévoyance de votre société, et sa politique de subrogation. Ces paramètres méritent d'être connus avant d'en avoir besoin. C'est rarement le cas, et c'est souvent là que la mauvaise surprise se produit.

Photo : www.kaboompics.com via Pexels

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FAQ

Le portage salarial permet-il de toucher des indemnités en cas d'arrêt maladie ?

Oui. Le portage salarial vous confère le statut de salarié, ce qui ouvre droit aux indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) en cas d'arrêt maladie. La condition principale est d'avoir cotisé au moins 150 heures dans les trois mois précédant l'arrêt, ou d'atteindre un seuil équivalent sur six mois.

Quel est le délai de carence en portage salarial ?

Le délai de carence de la Sécurité sociale est de trois jours : les IJSS ne sont versées qu'à partir du quatrième jour d'arrêt. Ce délai ne s'applique pas en cas d'affection longue durée (ALD) ou d'accident du travail. Certaines sociétés de portage disposent d'un contrat de prévoyance qui couvre ces trois premiers jours.

Comment calculer ses IJSS en portage salarial ?

La CPAM retient 50 % de votre salaire journalier brut de référence (SJR), calculé sur vos trois derniers mois de salaire. Pour un salaire brut moyen de 3 600 €/mois, le SJR est de 118,68 € et les IJSS s'élèvent à environ 59,34 €/jour. Le plafond est fixé à 96,50 €/jour en 2026 (basé sur un PASS à 47 100 €).

Qu'est-ce que la subrogation en portage salarial ?

La subrogation signifie que votre société de portage avance le montant des IJSS sur votre salaire, puis se fait rembourser directement par la CPAM. Pour vous, l'avantage est de percevoir vos indemnités sans délai d'attente. Toutes les sociétés de portage ne pratiquent pas la subrogation : c'est un point à vérifier avant de signer votre contrat.

La prévoyance collective est-elle obligatoire en portage salarial ?

Oui. La convention collective du portage salarial (IDCC 3219) impose aux sociétés de portage la mise en place d'un régime de prévoyance collective couvrant au minimum l'incapacité de travail, l'invalidité et le décès. Les taux de couverture et les garanties précises varient selon les contrats souscrits par chaque société.

Peut-on continuer à travailler pendant un arrêt maladie en portage salarial ?

Non. Un arrêt maladie signifie l'interruption de toute activité professionnelle, comme pour n'importe quel salarié. Travailler pendant un arrêt entraîne la suspension des IJSS par la CPAM et peut exposer à des sanctions. La mission en cours est suspendue pour la durée de l'arrêt, selon les termes du contrat commercial.

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