Vous avez dix ou quinze ans de métier, un client ou deux qui vous rappellent encore, et l'envie de facturer vous-même votre expertise. La vraie question n'est plus de savoir si c'est possible, mais dans quel ordre s'y prendre pour ne pas perdre trois mois en démarches. Voici l'ordre que je conseille, avec les plafonds et les taux 2026 relevés sur les sites officiels.
Pour savoir comment devenir consultant indépendant, suivez cinq étapes : cerner l'expertise que vous vendez, décrocher une première piste client, fixer un tarif plancher, choisir un statut, puis lancer l'administratif et déclarer l'activité. Comptez quelques semaines de préparation, rarement plus, et un net vérifié avant toute démission.
Vous voulez savoir ce qu'il vous resterait en net avant de choisir ? Faites le calcul avec le simulateur de salaire en portage VEGA.
Les cinq étapes, dans l'ordre qui évite les regrets
Devenir consultant indépendant se joue en cinq étapes : nommer l'expertise vendue, valider un premier client, fixer un tarif plancher, choisir le statut, puis déclarer l'activité. Inverser l'ordre coûte cher, car un statut choisi avant d'avoir un prix oblige presque toujours à refaire le calcul trois mois plus tard.
- Nommez ce que vous vendez en une phrase. « Je pilote des migrations SAP pour des industriels » se vend, « je fais du conseil » beaucoup moins.
- Cherchez une première piste avant de quitter quoi que ce soit : un ancien collègue, un fournisseur, un appel d'offres.
- Calculez votre tarif plancher (voir plus bas), jours non facturés compris.
- Choisissez le statut qui supporte ce tarif.
- Déclarez l'activité, ouvrez le compte professionnel, souscrivez la responsabilité civile si votre client l'exige.
Notez que la prospection ne s'arrête jamais. Une demi-journée par semaine, même en pleine mission, évite le trou d'air entre deux contrats.
Deux pièges reviennent souvent. Le premier : quitter son poste avant d'avoir un client, puis accepter la première mission venue à n'importe quel prix. Le second : choisir un statut par habitude (« tout le monde fait de la micro-entreprise ») sans vérifier qu'il supporte votre volume de facturation. Un quart d'heure de calcul vaut mieux que six mois de rattrapage.
Quel statut pour devenir consultant indépendant ?
En 2026, la micro-entreprise plafonne à 83 600 € de chiffre d'affaires pour les prestations de services, avec 23,2 % de cotisations pour une profession libérale relevant de la Cipav et 25,6 % pour une profession libérale non réglementée. Au-delà du plafond, le régime micro n'est plus ouvert.
| Statut | Repères 2026 | Administratif | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Micro-entreprise | Plafond 83 600 €, cotisations de 23,2 % à 25,6 % selon l'activité | Léger | Petits volumes, démarrage |
| SASU | Pas de plafond de chiffre d'affaires | Comptable, bilan, déclarations | Activité stable et récurrente |
| Portage salarial | Frais de gestion médians de 5 % (base VEGA) | Pris en charge par la société | Missions irrégulières, cadres |
Côté aides, l'Acre ramène vos cotisations à 75 % du taux normal pendant la période prévue, mais elle n'est plus automatique : il faut la demander. Pour arbitrer entre les structures, lisez portage salarial ou SASU et portage salarial ou freelance.
Combien facturer : le tarif d'un consultant indépendant
Comment devenir consultant indépendant sans se brader ? Le tarif d'un consultant indépendant se calcule à rebours : on part du revenu visé, on ajoute les jours non facturés, puis on divise. Avec un TJM de 500 €, 167 jours facturés suffisent à atteindre le plafond micro de 83 600 € (83 600 divisé par 500).
Prenons l'exemple d'un consultant qui facture 18 jours par mois à 500 €, soit 9 000 € de chiffre d'affaires mensuel. Sur douze mois, cela fait 108 000 € : la micro-entreprise est déjà hors course. En micro-BNC Cipav, les cotisations de 23,2 % représenteraient 2 088 € par mois. En portage, des frais de gestion à 5 % coûteraient 450 €, avant les cotisations salariales et patronales que le simulateur chiffre pour vous.
Un TJM ne se fixe pas d'après l'ancien salaire divisé par 218. Le détail du calcul figure dans l'article sur le TJM en portage salarial.
Comment devenir consultant indépendant sans diplôme ?
Pour la plupart des activités de conseil, la loi n'exige aucun diplôme, hors professions réglementées. Ce qui rassure un client, ce sont vos références, vos résultats chiffrés et la durée de votre expérience, pas la ligne d'un CV. Un dossier de trois missions décrites avec leurs résultats pèse souvent plus qu'un master.
Le portage salarial, lui, pose des conditions d'accès propres : elles sont détaillées dans l'article consultant en portage salarial. Un profil junior sans réseau y trouvera plus vite la porte fermée qu'un cadre senior.
Et pour vous, consultant, qu'est-ce que ça change ?
Sur les 448 sociétés de portage recensées par VEGA, 214 publient leur taux de frais : la médiane s'établit à 5 %, la moyenne à 5,5 %, avec une fourchette de 1,9 % à 10 %. Sur 9 000 € de chiffre d'affaires mensuel, l'écart entre les deux extrêmes atteint 729 € par mois.
Autrement dit, quand on se demande comment devenir consultant indépendant sans y laisser du net, le choix de la société pèse autant que celui du statut. Deux consultants au même TJM peuvent finir avec des nets très différents, simplement parce que l'un a comparé et l'autre non. Mettez vos propres chiffres dans le comparateur de sociétés de portage pour voir ce que chaque barème donne sur votre volume.
Cette semaine, faites trois choses (une heure suffit pour les deux premières) : écrivez votre phrase d'expertise, listez deux pistes clients, puis simulez votre net sur vegaportage.fr avant toute démission.



